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Y-a-t'il des poètes ici?? - Page 23

Y-a-t'il des poètes ici?? - Page 23

Index du forum Littérature et BD

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Auteur Message
le 22 Août 2007 à 08:24
Corto-Maltese
Corto-Maltese
3029 messages
A l'enfant malade pendant le siège
Si vous continuez d'être ainsi toute pâle
Dans notre air étouffant,
Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale,
Moi vieillard, vous enfant ;

Si je vois de nos jours se confondre la chaîne,
Moi qui sur mes genoux
Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine,
Et lointaine pour vous ;

Si vos mains sont toujours diaphanes et frêles,
Si, dans vôtre berceau,
Tremblante, vous avez l'air d'attendre des ailes
Comme un petit oiseau ;

Si vous ne semblez pas prendre sur notre terre
Racine pour longtemps,
Si vous laissez errer, Jeanne, en notre mystère
Vos doux yeux mécontents ;

Si je ne vous vois pas gaie et rose et très forte,
Si, triste, vous rêvez,
Si vous ne fermez pas derrière vous la porte
Par où vous arrivez ;

Si je ne vous vois pas comme une belle femme
Marcher, vous bien porter,
Rire, et si vous semblez être une petite âme
Qui ne veut pas rester,

Je croirai qu'en ce monde où le suaire au lange
Parfois peut confiner,
Vous venez pour partir, et que vous êtes l'ange
Chargé de m'emmener.


Victor Hugo

__________________________________
« Carpe Diem. Profitez du jour présent. Que vos vies soient extraordinaires. »

le 23 Août 2007 à 20:52
lou74100
lou74100
2829 messages
Réponse à lou74100 qui a dit :
bonjour ma belle
je ne sait si ils sont de toi dans ce cas bravo et continue de nous en fair part ils sont tres beaux
bisous.....lou

aimer c est
un besoin de caresses,un monde de douceur
une soif de tendresse,que partage l'ame soeur

avant que la vieillesse ,ne soit au rendez vous
montrer votre votre tendresse a chaque instants du jour

etre disponible chaque fois que c est possible
donner ce que l'on peu sans attendre en retour

connaitre le prix des larmes,calmée une âme stresser
garder un coeur tout neuf,méme quand il est usé

voila c'est cela aimer


oups je precise que ce n est pas de moi


moi je reste ici
la nuit n'est pas fini
accouder au comptoir
je veux qu'on me serve a boire
je veux noyer mon desespoir
ce soir il n'y a plus d'espoir
je vais passer ma nuit a boire.
j'ai été trop conne
fixant le telephonne
a attendre qu'il sonne
alors qu'il etais dans ses bras
a lui murmurer tout bas,
se pamant de desir
faisant des projets d'avenir.
et moi que vais'je devenir
je n'ai plus qu'a mourir

__________________________________


la poesie est dans ma vie,
ce que mes yeux sont pour ma vue LOU

le 25 Août 2007 à 14:45
lou74100
lou74100
2829 messages
Réponse à lou74100 qui a dit :
n'oublie pas
méme si mon coeur saigne de regrets,
méme si mon amour se conjugue au passé,
si chaque sonneries du telephone,me font sursauter,
si mes souvenirs des joies passées me font pleurer,
n'oublie pas
moi je n'oublie pas,
car chaque jour de ma vie,
tu est present dans mon esprit,
et méme si demain la mort m'apele,
je sait que ma vie aurra été belle


petit poéme de tinou rien que pour moi


Pour toi mon amie Lou un poème à la va vite

Ne pleure , toi mon amie
Ta vie crois moi, n'est pas finie
Un ange pense à toi
et de là haut t'envoie l'émoi
D'un coeur en attente
De tes bras d'amante
Je sais c'est long
Et souvent désespérant
Mais fais confiance à ton charme,
Il rendra pour toi les armes
Aimela

__________________________________


la poesie est dans ma vie,
ce que mes yeux sont pour ma vue LOU

le 26 Août 2007 à 00:35
tieutieu69
tieutieu69
>>

39 ans
176 messages
AGORA DU SILENCE




est-ce l’absente ou le seul
qui se dit
dans ton souffle ?

à l’absente, la foule,
à la solitude,
l’agora.

et dans ton souffle
qui se dit,
est-ce le nom ou l’improbable ?

sur le banc infidèle,
sous le chêne aphone,
au sein de l’agora,
et dans ton souffle,

il avance et dit son nom.


à la bouche qui se tait, l’ombre,
à la main qui ne se tend, la parole.

et dans ton souffle,
qui se dit,
est-ce le banc ou le regard ?


or l’enjeu même de ce qui se joue
dans cette agora du silence,
est moins le verbe que la présence.



où il a passé et dit son nom

sous le chêne de ton souffle,
ce banc comme assemblée.

__________________________________
"tu en sais suffisament si tu sais vivre"

le 26 Août 2007 à 00:47
fatfat12
fatfat12
102 messages
Réponse à tieutieu69 qui a dit :
AGORA DU SILENCE




est-ce l’absente ou le seul
qui se dit
dans ton souffle ?

à l’absente, la foule,
à la solitude,
l’agora.

et dans ton souffle
qui se dit,
est-ce le nom ou l’improbable ?

sur le banc infidèle,
sous le chêne aphone,
au sein de l’agora,
et dans ton souffle,

il avance et dit son nom.


à la bouche qui se tait, l’ombre,
à la main qui ne se tend, la parole.

et dans ton souffle,
qui se dit,
est-ce le banc ou le regard ?


or l’enjeu même de ce qui se joue
dans cette agora du silence,
est moins le verbe que la présence.



où il a passé et dit son nom

sous le chêne de ton souffle,
ce banc comme assemblée.



hier est passé
demain sera arrivé
le 26 Août 2007 à 10:12
Corto-Maltese
Corto-Maltese
3029 messages
À la musique


Place de la Gare, à Charleville.

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs,
Portent, les jeudis soirs, leurs bétises jalouses.

- L'orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la valse des fifres :
- Autour, aux premiers rangs, parade le gandin;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres:

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînent leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames;

Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent : "En somme !..."

Epatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
savoure son onnaing d'où le tabac par brins
Déborde - vous savez, c'est de la contrebande; -

Le long des gazons verts ricannent les voyous;
Et, rendus amoureux par le chant des trombonnes,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes...

- Moi, je suis débraillé comme un étudiant
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles le savent bien, et tournent en riant,
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.

J'ai bientôt déniché la bottine, le bas...
- Je reconstruis les corps, brulé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas...
- Et mes désirs bruteaux s'accrochent à leurs lèvres ...

Arthur Rimbaud (1854 ; 1891)

__________________________________
« Carpe Diem. Profitez du jour présent. Que vos vies soient extraordinaires. »

le 27 Août 2007 à 07:02
Corto-Maltese
Corto-Maltese
3029 messages
Vierge folle - L'Époux infernal


Ecoutons la confession d'un compagnon d'enfer:

"O divin Epoux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soûle. Je suis impure. Quelle vie!

"Pardon, divin Seigneur, pardon! Ah! pardon! Que de larmes! Et que de larmes encore plus tard, j'espère!

"Plus tard, je connaîtrai le divin Epoux! Je suis née soumise à Lui. - L'autre peut me battre maintenant!

"A présent, je suis au fond du monde! O mes amies!... non, pas mes amies... Jamais délires ni tortures semblables... Est-ce bête!

"Ah! je souffre, je crie. Je souffre vraiment. Tout pourtant m'est permis, chargée du mépris des plus méprisables coeurs.

"Enfin, faisons cette confidence, quitte à la répéter vingt autres fois, - aussi morne, aussi insignifiante!

"Je suis esclave de l'époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C'est bien ce démon-là. Ce n'est pas un spectre, ce n'est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, - on ne me tuera pas! - Comment vous le décrire! Je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j'ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien!

"Je suis veuve... - J'étais veuve... - mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette!... - Lui était presque un enfant... Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je sais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon! - c'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme.

"Il dit: "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté: il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage, aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades, dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... "

"Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine: mes pères étaient Scandinaves: il se perçaient les côtes, buvaient leur sang. - Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol: tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai... " Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui! - Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. - "On me coupera vraiment le cou; ce sera dégoûtant." Oh! ces jours où il veut marcher avec l'air du crime!

"Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. - Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. - Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. - Je le suivais, il le faut!

"Je voyais tout le décor dont, en esprit, il s'entourait; vêtements, draps, meubles: je lui prêtais des armes, une autre figure. Je voyais tout ce qui le touchait, comme il aurait voulu le créer pour lui. Quand il me semblait avoir l'esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et compliquées, loin, bonnes ou mauvaises: j'étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. à côté de son cher corps endormi, que d'heures des nuits j'ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s'évader de la réalité. Jamais homme n'eût pareil voeu. Je reconnaissais, - sans craindre pour lui, - qu'il pouvait être un sérieux danger dans société. - Il a peut-être des secrets pour changer la vie? Non, il ne fait qu'en chercher, me répliquais-je. Enfin sa charité est ensorcelée, et j'en suis la prisonnière. Aucune autre âme n'aurait assez de force, - force de désespoir! - pour la supporter, - pour être protégée et aimée par lui. D'ailleurs, je ne me le figurais pas avec une autre âme: on voit son Ange, jamais l'Ange d'un autre, - je crois. J'étais dans son âme comme dans un palais qu'on a vidé pour ne pas voir une personne si peu noble que vous: voilà tout. Hélas! je dépendais bien de lui. Mais que voulait-il avec mon existence terne et lâche? Il ne me rendait pas meilleure, s'il ne me faisait pas mourir! Tristement dépitée, je lui dis quelquefois: "Je te comprends." Il haussait les épaules.

"Ainsi, mon chagrin se renouvelant sans cesse, et me trouvant plus égarée à ses yeux, - comme à tous les yeux qui auraient voulu me fixer, si je n'eusse été condamnée pour jamais à l'oubli de tous! - j'avais de plus en plus faim de sa bonté. Avec ses baisers et ses étreintes amies, c'était bien un ciel, un sombre ciel, où j'entrais, et où j'aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j'en prenais l'habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait: "Comme ça te paraîtra drôle, quand je n'y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n'auras plus mes bras sous ton cou, ni mon coeur pour t'y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu'il faudra que je m'en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j'en aide d'autres: c'est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant... , chère âme... " Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l'ombre la plus affreuse: la mort. Je lui faisais promettre qu'il ne me lâcherait pas. Il l'a faite vingt fois, cette promesse d'amant. C'était aussi frivole que moi lui disant: "Je te comprends."

"Ah! je n'ai jamais été jalouse de lui. Il ne me quittera pas, je crois. Que devenir? Il n'a pas une connaissance; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel? Par instants, j'oublie la pitié où je suis tombée: lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les moeurs auront changé, - grâce à son pouvoir magique, - le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh! la vie d'aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j'ai tant souffert, me la donneras-tu? Il ne peut pas. J'ignore son idéal. Il m'a dit avoir des regrets, des espoirs: cela ne doit pas me regarder. Parle-t-il à Dieu? Peut-être devrais-je m'adresser à Dieu. Je suis au plus profond de l'abîme, et je ne sais plus prier.

"S'il m'expliquait ses tristesses, les comprendrai-je plus que ses railleries? Il m'attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m'a pu toucher au monde, et s'indigne si je pleure.

"- Tu vois cet élégant jeune homme, entrant dans la belle et calme maison: il s'appelle Duval, Dufour, Armand, Maurice, que sais-je? Une femme s'est dévouée à aimer ce méchant idiot: elle est morte, c'est certes une sainte au ciel, à présent. Tu me feras mourir comme il a fait mourir cette femme. C'est notre sort à nous, coeurs charitables... " Hélas! Il avait des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques: il riait affreusement, longtemps. - Puis, il reprenait ses manières de jeune mère, de soeur aimée. S'il était moins sauvage, nous serions sauvés! Mais sa douceur aussi est mortelle. Je lui suis soumise. - Ah! je suis folle!

"Un jour peut-être il disparaîtra merveilleusement; mais il faut que je sache, s'il doit remonter à un ciel, que je voie un peu l'assomption de mon petit ami!"

Drôle de ménage!

Arthur Rimbaud (1854 ; 1891)

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le 28 Août 2007 à 09:20
Corto-Maltese
Corto-Maltese
3029 messages
Le Bateau ivre



Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud (1854 ; 1891)

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le 30 Août 2007 à 20:18
lou74100
lou74100
2829 messages
Réponse à lou74100 qui a dit :
petit poéme de tinou rien que pour moi


Pour toi mon amie Lou un poème à la va vite

Ne pleure , toi mon amie
Ta vie crois moi, n'est pas finie
Un ange pense à toi
et de là haut t'envoie l'émoi
D'un coeur en attente
De tes bras d'amante
Je sais c'est long
Et souvent désespérant
Mais fais confiance à ton charme,
Il rendra pour toi les armes
Aimela


poéme d'une amie

Papa, maman je veux rentrer
Regardez, le soleil s'est déjà couché
On est ici depuis qu'à l'école vous êtes venus me chercher
Vous m'aviez promis, c'était le dernier ..

Papa, maman je veux rentrer
J'ai pleins de devoirs à terminer
ici, je ne peux pas me concentrer
Et en plus je suis fatigué...

Papa, maman je veux rentrer
Faire comme tous les enfants : jouer
Après mes devoirs regarder la télé
Etre dans vos bras, me faire caliner

Papa, maman je veux rentrer
Pourquoi avez-vous si peu de temps à me consacrer ?
Pourquoi vos amis, c'est toujours dans un café que vous les voyez ?
Pourquoi ai-je l'impression d'être de trop, de déranger ??

Papa, maman je veux rentrer
Oui je sais que je suis en train de vous enerver !
Que vous avez besoin de décompresser..
Qu'il vous faut boire pour oublier

Papa, maman je vais rentrer !
Ma place n'est pas dans un café
Ni la vôtre, vous avez des enfants à éléver !
Et des responsabilités à assumer..

merci a toi
je suis heureuse de le métre sur le forum

Parce que travaillant dans une école depuis 3 ans passé
J'en ai vu pas mal des enfants défilés
Bien polis, tout gentils, bien habillés
Mais aussi affamés, sales et fatigués
J'ai la haine contre ces parents mal intentionnés
Ils ne vivent que pour eux et le reste on envois promené !
On ne fait pas d'enfant squand on sait qu'on ne sait pas s'en occuper

__________________________________


la poesie est dans ma vie,
ce que mes yeux sont pour ma vue LOU

le 30 Août 2007 à 20:28
jumping-jack-...
jumping-jack-flash
2483 messages
tristesse, tristesse, tu envahis mon coeur
et doucement, tout doucement, viennent les pleurs
je le veux maintenant cet amour si souvent envié
la caresse de l'absolu. Dans la nuit, patienter
le 31 Août 2007 à 15:57
loveinspirati...
loveinspiration
3 messages
Réponse à lou74100 qui a dit :
bonjour ma belle
je ne sait si ils sont de toi dans ce cas bravo et continue de nous en fair part ils sont tres beaux
bisous.....lou

aimer c est
un besoin de caresses,un monde de douceur
une soif de tendresse,que partage l'ame soeur

avant que la vieillesse ,ne soit au rendez vous
montrer votre votre tendresse a chaque instants du jour

etre disponible chaque fois que c est possible
donner ce que l'on peu sans attendre en retour

connaitre le prix des larmes,calmée une âme stresser
garder un coeur tout neuf,méme quand il est usé

voila c'est cela aimer


oups je precise que ce n est pas de moi


bonjour lou74100
oui ces poèmes sont de ma plume puisés à l encre de mon coeur...

alors pour le plaisir des mots


A corps perdus, à coeur perdu,
Je crois que je me suis perdue,
J'ai juré de na pas penser
A ce que notre histoire pourrait donner
Pourtant je continue d'espérer
De croire, de t'aimer, plus qu'une amitié
J'aimerai être ta moitié
Dans tes bras, abandonnée,
J'oublie que je ne suis pas ta bien aimée
Je prends les moments
Je vole les instants
Cesse le temps ...



Ce poème je l ai écris il y a quelque temps lorsque mon coeur était pris par un homme qui n'en voulait pas. Heureusement aujourd hui je suis guerrie de cette amour et mon coeur ne s en trouve plus léger..
le 31 Août 2007 à 16:28
Mealin
Mealin
2 messages

Bise qui sur son cou glisse et se régale,
Amant qui ne réchauffe ni le coeur ni le lit,
Idylle cachée jusqu'à la bien aimée,
Saisissant l'instant, retenant son appétit,
Entretenant le désir dans ses plus profondes pensées,
Résigné à l'animalité, il retint cependant sa fringale.

Devant elle, à jamais il se tiendrait la nuit,
Et la toucher ne pourra supporter.

Veni, Vidi, Vinci.
En effet, il est venu et reviendra chaque nuit,
Ne serait ce que pour encore l'admirer,
Tenant ses canines au loin, et d'un souffle seul, l'embrasser.

Baiser de vent, Mealin

Un jour, ce feu qui s’était allumé en moi,
Ne produisit plus ce puissant brasier.

Fallait-il que jour cessât cet émoi ?
Et pourtant ne me grandit-il pas ?
Un feu brûle mais il ne réchauffe pas sans Toi …

Me voilà devant ces quelques braises, étonné.
Outre la pluie, le temps était passé pour l’étouffer,
Usant de tous leurs pouvoir, avec mon agrément,
Rien n’y fit, ni eau, ni sable, ni vent…
Restèrent après si longtemps ces charbons ardents,
Attendant une nouvelle brise, légère mais ce fut suffisant.
Ne fut nécessaire qu’une unique image, réveillant ce mirage…
Tellement naïf, ce coeur brûlant, battant, revint au devant.

Un feu mourrant, Mealin

Sur cette toile inachevée,
Par quelques traits tourmentées,
Une tempête prenait vie,
Une mer déchaînée prête à en les prendre,
Les vies de ces marins, partis les flots fendre.

Une aventure figée dans un ultime
Instant de terreur, où seul se détachait
Dans le sombre azur, un oiseau, dans un vol parfait ;
La main qui tiens encore ce pinceau, cette volonté infinie,
Vient de s’éteindre

Sur cette toile inachevée, Mealin


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Si ça plait, je pourrais en proposer d'autres. Bravo à la plupart pour leur talent et particulièrement Loveinspiration qui m'a bluffé !
le 31 Août 2007 à 20:56
tieutieu69
tieutieu69
>>

39 ans
176 messages
explorateur des cales de caravelles
quand je partirai éteindre les miroirs
à l’heure de border le vent
dans la cité de mon sang
dans la pierre ou la rencontre
j’inventerai des labyrinthes de vertiges
et tel sera mon métier

je vomirai mon désert
et mes citadelles de pas

et anxieux
dans mon bonheur
j’aurai le cerveau cagneux

__________________________________
"tu en sais suffisament si tu sais vivre"

le 02 Septembre 2007 à 11:13
sorciere51
sorciere51
9216 messages
"Aimer" plus fort que "ETRE AIMé "
Quel est ce sentiment,si doux ,si envoutant,
Qui transpose mon ame et mon esprit autant?
L'exquise volupté y cotoie le tourment .

Est-il des mots pour le decrire ?
Qui saurait pour moi le traduire ,
Expliquer ce que je ressens ?


Toi qui es tant pour moi et meme davantae
Ne serait-ce ce mal depuis le fond des age
Qui ne viet qu'en aiment ?...

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Le soleil est le pere,
la lune est sa mere,
le vent la porté dans son ventre,
la terre est sa nourrice

le 04 Septembre 2007 à 20:50
lou74100
lou74100
2829 messages
Réponse à lou74100 qui a dit :
n'oublie pas
méme si mon coeur saigne de regrets,
méme si mon amour se conjugue au passé,
si chaque sonneries du telephone,me font sursauter,
si mes souvenirs des joies passées me font pleurer,
n'oublie pas
moi je n'oublie pas,
car chaque jour de ma vie,
tu est present dans mon esprit,
et méme si demain la mort m'apele,
je sait que ma vie aurra été belle


he oui j'ai repris mon crayon
sans serpentins ni flon flon
cela t'en bouche un coin
mon poéte et ami alain
ce matin en sautant de mon lit
j'etais d'humeur ravie
et en regardant par la fenêtre
je me suis dis""j'oserais peut etre
de lui ecrire ces quelques vers
comme quoi avoir de l'imagination ca sert
ce n'est pas que je vais super bien
mais il faut que je me reprenne en mains
et peut étre,peut étre que demain
les paroles danceroent dans ma tête
et que l'on pourra refaire la fête
pour toi alain

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la poesie est dans ma vie,
ce que mes yeux sont pour ma vue LOU

le 05 Septembre 2007 à 00:39
ange_dechu
ange_dechu
19300 messages
Amour ou amitié qu’elle ai ton pire allié ?
Prenons le temps de peser le pour et le contre !
Mais qu’est ce que je raconte ?
Nous ne sommes pas dans un compte de fée !
Nous avons les mêmes penser.
Mais ton passer serra lui toujours présents comme un amant !
Oui j’ai peur d’elle et de toi alors qu’il n’y a plus de vous !
Ou me situer actuellement dans tout ce chamboulement ?
Et tu prêt a re jouer à la roue de l’amour ?
Serai-je gagnante ou encore une fois perdante ?
Lui ma détruite, et il en rie, alors que toi tu me supplie,
Et moi je suis l’a-je-m’auto détruite je veux en finir !
Le réveille ne serra que plus difficile samedi.
Peut être ouvrira-tu tes yeux je ne suis pas la femme parfaite !
Je me suis interdite d’aimer à tout jamais.

__________________________________
♥♥♥je part avec seul regret de t'avoir aimer!♥♥♥

le 05 Septembre 2007 à 10:04
cassiope.86
cassiope.86
7953 messages

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! "
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.

Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !
A M. Louis de Ronchaud

c'est notre destin, aimer et mourir, avoir peur d'aimer avoir peur de mourir.
Vivre une vie sans prendre de risque pour ne pas souffrir..
J'ai envie pour une fois de prendre le risque de souffir.
ne plus avoir peur d'aimer, ni de souffir avant de mourir.
lançons nous sans plus de questions......l'avenir......on s'en fiche, la seule certitude que j'ai, pour toi pour moi pour le monde entier c'est qu'un jour nous partirons.

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Comment ça va sur terre ??

votez pour moi

le 05 Septembre 2007 à 10:15
Melusine17
Melusine17
1 messages
Coucou !!!! Oui il y a des poètes et si tu le désires tu peux visiter mon site internet : www.poetika17.com. C'est tout simple, tout plein de fraîcheur, d'humour et de clins d'oeil !!! Bizzzzzzz
le 06 Septembre 2007 à 01:08
GEK
GEK
1809 messages
Petite mise à nu. Me voici :

Vampire

Je viendrai mon amour au crépuscule d’un jour
Et tu m’inviteras à pénétrer chez toi
Pour qu’encore et toujours je te fasse la cour
Comme si pour toi et moi c’était la première fois

Je viendrai ma chérie je resterai la nuit
Me gorger à tes veines pour qu’à jamais tu m’aimes
Frissonnante et transie par le mal envahie
Ton sang devenu chaîne tu deviendras moi-même

Tu goûteras alors à cette éternité
Qui donne la puissance à mesure que tu bois
Et te chauffe le sang quand elle pénètre en toi

Tu goûteras alors à cette éternité
Le cœur de ta souffrance à mesure que tu bois
A te glacer le sang de bonheur et d’effroi

GEK

__________________________________
Toutes les heures passent, la dernière tue...

le 06 Septembre 2007 à 01:15
fleurdeparadi...
fleurdeparadis
6692 messages
Réponse à GEK qui a dit :
Petite mise à nu. Me voici :

Vampire

Je viendrai mon amour au crépuscule d’un jour
Et tu m’inviteras à pénétrer chez toi
Pour qu’encore et toujours je te fasse la cour
Comme si pour toi et moi c’était la première fois

Je viendrai ma chérie je resterai la nuit
Me gorger à tes veines pour qu’à jamais tu m’aimes
Frissonnante et transie par le mal envahie
Ton sang devenu chaîne tu deviendras moi-même

Tu goûteras alors à cette éternité
Qui donne la puissance à mesure que tu bois
Et te chauffe le sang quand elle pénètre en toi

Tu goûteras alors à cette éternité
Le cœur de ta souffrance à mesure que tu bois
A te glacer le sang de bonheur et d’effroi

GEK


j aime beaucoup
tres sensuel


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